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Logiciels alternatifs pour sortir des « GAFAM »

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Ce dossier complet sur le sujet des logiciels explique pourquoi et comment sortir de ceux fournis par les ogres du numérique que sont devenus les fameux « GAFAM » (Google, Apple, Facebook, …). Il ne se limite pas à seulement fournir une liste de substitution, et introduit les concepts fondamentaux utiles pour apprécier correctement les choix qui s’offrent à lui.

Au menu :

  1. Le danger des GAFAM
  2. Les pièges à éviter
  3. Quel serait l’idéal? En existe-t-il un?
  4. Vers quels compromis s’orienter?
  5. Logiciels & services proposés en alternative pertinente à ceux des GAFAM
  6. Procédure générique de bascule de vos emails vers un nouveau fournisseur

Le danger des GAFAM

Le numérique est devenu incontournable, que cela plaise ou non, pour payer ses impôts, s’informer, réserver des événements, commander certains produits indisponibles localement, etc.

Les grands acteurs américains appelés GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft), pour ne citer qu’eux, ont pris une place prépondérante dans cet univers numérique. Ils y sont parvenus en investissant massivement, parfois à perte durant de nombreuses années, et en « marketant » leurs produits à la perfection. Guy Debord l’avait bien compris, dans son célèbre ouvrage de 1967: « La Société du Spectacle », où la marchandisation du monde et la réification des relations humaines sont dépeintes avec talent – et anticipation, malheureusement.

Cette situation pose problème, non seulement du point de vue de la souveraineté nationale, mais également au regard de l’exploitable commerciale de nos données privées. Pire encore, ces grands acteurs ont la collaboration (et la corruption) facile avec les états, et leurs fournissent des informations sur leurs citoyens pouvant résulter en amendes, répressions, emprisonnement et autres formes diverses et variés d’abus de contrôle sur les peuples.

Alors que les états des présumées « démocraties » agissent de façon de plus en plus opaque (cf. par exemple le contrat passé entre la Commission Européenne et Pfizer), les citoyens sont enjoints d’être totalement transparents.

Bref, les raisons ne manquent pas pour songer à basculer sur d’autres fournisseurs d’outils informatiques.

Les pièges à éviter

Changer oui, mais comment s’assurer de ne pas juste tomber de Charybde en Scylla?

Adopter des fournisseurs français ou européens n’est pas dénué de risques. Ces acteurs vont certes respecter plus scrupuleusement le fameux règlement général sur la protection des données (RGPD); mais à partir du moment où le consommateur « consent volontairement » à utiliser un service, la plupart de ces acteurs tendent à sur-exploiter commercialement leurs données, à l’instar des GAFAM. La « protection » est toute relative.

Par ailleurs, l’Union Européenne sous influence du World Economic Forum (« Davos ») se transforme en gigantesque état totalitaire ayant de quoi faire passer le monde dystopique de « 1984 » (le roman d’anticipation de George Orwell) pour un amusement. Lui être transparent, via un fournisseur américain, ou via un fournisseur européen, comporte finalement les mêmes dangers.

Poursuivons. Certains logiciels arborent la caractéristique « open source« . Ils exposent ainsi ouvertement leur code source, ce qui écarte logiquement les fonctionnements les plus détestables. Serait-ce le Graal tant recherché? Là aussi il convient de réfréner quelque peu son enthousiasme: un logiciel peut être « open source » sans être totalement « libre » d’usage (association à un type de licence d’usage), et tout en étant commercialisé.

open source ≠ gratuit ≠ libre

Il peut s’agir d’un positionnement à tiroir: version de base gratuite, et version plus riche fonctionnellement payante. En outre, la loi de chaque nation, et de l’Union Européenne, s’applique à eux. Sur injonction étatique, laquelle des entreprises éditant ce genre de logiciel se permettrait-elle de désobéir? Ne nous leurrons pas: elles peuvent tout au plus ne pas faire de zèle, ce qui exige déjà un certain courage de leur part.

Une partie de ces logiciels open source est produite en tant que projet communautaire, hors entreprise. Ceux-là ont de grandes chances d’être totalement gratuits. N’étant pas constitués en entreprise, ils offrent moins de prise aux états. Mais ne rêvez pas pour autant: les logiciels installables sur votre ordinateurs peuvent être, potentiellement, totalement gratuits et hors de contrôle des états. Mais les logiciels accessibles « online », c’est à dire via connexion internet, ne le seront jamais véritablement. Car leur hébergement sur des serveurs a un coût. S’ils ne le vous font pas payer directement, c’est qu’ils commercialisent vos données personnelles pour se financer de façon moins visible.

L’adage suivant est souvent avéré:

Quand c’est gratuit, c’est vous le produit.

Quel serait l’idéal? En existe-t-il un?

Une solution meilleure consisterait à héberger des logiciels open source sur des serveurs gérés par une petite communauté en laquelle vous avez confiance. Mais, là encore, cette communauté ne pourrait se permettre d’ignorer une injonction étatique, par exemple pour livrer la liste de ses utilisateurs ainsi que les données personnelles détenues.

L’idéal serait de n’utiliser que des logiciels open source et gratuits en les déployant sur votre ordinateur personnel ou sur votre propre serveur hébergé chez vous. Vous auriez un contrôle total. Avec de l’envie, du temps, de la compétence – et un peu d’argent tout de même – vous parviendriez à construire une infrastructure numérique presque parfaite. Mais vous n’êtes pas informaticien, ou n’avez pas la volonté d’y investir une bonne partie de votre temps libre, n’est-ce pas?

Vers quels compromis s’orienter?

Nous avons tenté de trouver des solutions logicielles les plus gratuites, les plus open source, et les plus libres possibles – sans dogmatisme.

Tout ne sera donc pas gratuit, même si certaines fondations offrent des logiciels open source, largement libres et gratuits, telle que la Mozilla Fundation. Encore faudrait-il voir qui les finance, pour écarter toute suspicion. « Follow the money », comme d’habitude, pour voir qui tire les ficelles…

Logiciels & services proposés en alternative pertinente à ceux des GAFAM

Les personnes recherchant la plus grande simplicité possible trouveront en dessous de ce premier tableau quelques offres intégrées, c’est à dire intégrant de multiples fonctions en un produit ou un abonnement.

Offres par fonction

FONCTION — LOGICIEL/SERVICE (remplace / notes) :

  • Compte de messagerie (emails)Proton Mail (Suisse, non-intrusif, bien sécurisé) — remplace Gmail, Outlook. Gratuit jusqu’à 1 Go. Procédure d’import automatique de vos anciens emails Gmail, Outlook et autres.
  • Client de messagerieThunderbird (open source, gratuit) — remplace Outlook. Pour ordinateur (PC ou Mac). Sur smartphone : Proton Mail (Android & iOS) ou K-9 Mail (Android, open source, gratuit).
  • Groupes emailsFramagroupes (open source, gratuit, libre) — adresse email de groupe envoyant automatiquement à tous les membres.
  • Navigateur webBrave (gratuit, open source, peut éliminer les pubs), Firefox (Windows, macOS, Linux, Android, iOS) ou Firefox Focus (version très sécurisée, smartphones) — remplacent Chrome, Edge.
  • Communication (chat, appels voix/vidéo)Telegram (gratuit, respect vie privée), element.io (bien sécurisé, plutôt pour un collectif auto-hébergé), Signal, Framatalk — remplacent WhatsApp, Messenger, Teams, Meet, Zoom.
  • BureautiqueLibreOffice (open source, gratuit, fondation non commerciale) et Framacalc — remplacent Microsoft Office, Google Docs/Sheets.
  • VidéosPeerTube (gratuit, open source, décentralisé), indymotion.fr (instance française), SepiaSearch (moteur de recherche PeerTube, Framasoft) — remplacent YouTube, Vimeo, Dailymotion.
  • AgendaFramagenda (gratuit, open source, libre) — remplace Google Agenda, Outlook Agenda.
  • Planification de réunionsFramadate — remplace Doodle.
  • CartographieOpenStreetMap (OSM) — remplace Google Maps, Apple Plans.
  • Collaboration d’équipeNextcloud — suite collaborative auto-hébergeable, pour utilisateurs très avancés — remplace Google Meet/Agenda/Drive.
  • VPNProton VPN (Suisse, bien sécurisé), Private Internet Access, SoftEther (auto-hébergé, utilisateurs très avancés) — voir notre article complet dédié aux VPN.
  • Antivirus / anti-malware (ordinateurs) — Avast (version gratuite réelle mais relances commerciales permanentes), ClamAV (gratuit, open source, utilisateurs expérimentés) — remplacent McAfee, Kaspersky, Norton, Bitdefender.
  • Système d’exploitationLinux (gratuit, open source) — remplace Windows, macOS. Des dizaines de distributions ; investissement en temps non négligeable, recommandé aux amateurs plutôt qu’aux néophytes.

Vous connaissez d’autres offres pertinentes ? N’hésitez pas à nous contacter, nous étudierons soigneusement toute suggestion — sans vous garantir cependant de la prendre en compte ;-).

Offres fonctionnellement intégrées

Vous privilégiez la simplicité et souhaitez limiter le nombre de fournisseurs ? Voici deux fournisseurs dont les offres de qualité couvrent un maximum de besoins. Il n’y manque que Telegram pour avoir l’essentiel des outils informatiques.

  • Proton : Proton Mail, Proton VPN, Proton Drive (stockage), Proton Calendar, Proton Pass (mots de passe), Proton Wallet (cryptomonnaies) — Linux, macOS, Windows, Android, iOS.
  • LibreOffice : Writer (texte), Calc (tableur), Impress (présentations), Draw (graphiques), Base (base de données), Math (formules), Diagrammes — Linux, macOS, Windows, Android, iOS.

Procédure générique de bascule de vos emails vers un nouveau fournisseur

  1. Créez votre nouveau compte de messagerie, par exemple chez Proton Mail. Il vous octroie une nouvelle adresse email.
  2. Téléchargez le client de messagerie si vous ne souhaitez pas utiliser la version web.
  3. Testez la bonne réception et l’envoi d’email depuis votre nouveau compte.
  4. Dans votre ancienne messagerie, par exemple Gmail, configurez la transmission automatique de tout message reçu vers votre nouvelle adresse email.
  5. Connectez-vous aux services les plus importants (Impôts, fournisseurs d’électricité et d’eau, etc.) et remplacez l’adresse email par la nouvelle.
  6. Chaque fois que vous verrez dans votre nouvelle messagerie un message transmis depuis l’ancienne, pensez à modifier l’adresse email dans le service concerné.
  7. Petit à petit, vous ne devriez plus recevoir de messages via votre ancienne messagerie : vous serez alors prêt à demander la suppression totale de votre ancien compte et de toutes vos données privées.

En outre, certains fournisseurs, tels que Proton Mail, offrent une procédure d’import de vos anciens emails. Auquel cas, l’étape 4 est inutile.

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